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Duong Thu Huong: « Au Vietnam, l’homosexualité reste un tabou »

Monday, January 27th, 2014

Lemonde.fr

C’est au 9e étage d’un immeuble du 13e arrondissement de Paris, où elle vit depuis 2006. Dans l’entrée, une table à repasser ouverte. Le long du mur, trois paires de chaussures à la queue leu leu. « Entrez », dit Duong Thu Huong en s’excusant « pour [son] français ». Dans la prison vietnamienne où elle a passé sept mois, il y a plus de vingt ans, Dong a perdu 17 kg. Ce qui ne l’a pas empêchée d’y apprendre la langue du colonisateur dans un vieux dictionnaire qui lui venait de son père. Cela seul en dit long sur le tempérament de la dame. Qui trouve pourtant sa maîtrise du français insuffisante. « Enfin, dit-elle. Entrez donc… »

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Dans le salon, une nappe blanche recouvre la table basse. L’ordinateur est religieusement posé là et nous nous asseyons de part et d’autre comme pour une cérémonie du thé. Duong Thu Huong – dont le nom signifie « soleil » et le prénom « essence d’automne » – se tient bien droite entre une photo de rizières et une vue imprenable sur les tours de Tolbiac. Etonnant comme cette femme de 66 ans ne fait pas son âge. Comme les épreuves semblent avoir glissé sur son visage. Elle a pourtant connu la guerre du Vietnam (« la lutte contre l’envahisseur américain »), le combat pour la démocratie (« sa » guerre à elle contre le régime de Hanoï), un mariage malheureux (qui explique son goût pour la solitude), la prison, l’exil… Elle semble considérer tout ça avec un curieux mélange de conviction et de distance. « Oui, dit-elle. Cela fait trente ans que je lutte… J’ai été “la fille bien aimée du Parti” avant de devenir l’“ennemie du peuple”. Cela forme une habitude. » Elle dit cela dans sa langue, un peu comme elle aurait dit : « Cela forge le caractère ».

Le caractère, elle l’a bien trempé et double, Dong Thu Huong. D’un côté la « lutteuse » de l’ombre, celle qui, depuis son repaire parisien, envoie au pays tracts, pamphlets et essais politiques. De l’autre, la romancière reconnue. Deux territoires, comme deux hémisphères cérébraux. Deux vies qui, sans doute, se nourrissent l’une de l’autre mais « ne se mélangent pas ». Duong cloisonne, comme une clandestine. « La lutte est l’expression de ma responsabilité envers mon peuple. Tandis que la littérature est mon domaine à moi. »

Nous pénétrons sur ses terres réservées avec Les Collines d’eucalyptus, une plongée envoûtante et pleine de poésie dans le Vietnam des années 1980. Qu’est-ce qui lui a inspiré l’histoire du jeune Thanh, ce fils modèle dont le destin bascule lorsqu’il découvre son homosexualité ? « Un jour, mon neveu s’est enfui de chez lui, et sa famille m’a demandé de le retrouver, raconte-t-elle. Comme j’en étais incapable et que je me sentais coupable, j’ai écrit ce roman. Après Sanctuaire du cœur [Sabine Wespieser, 2011], où j’envisage une autre réponse, mon hypothèse ici est qu’il était homosexuel et, comme Thanh, prisonnier de son homosexualité. Dans un village vietnamien, lorsqu’une famille a un enfant homosexuel, on fait semblant de l’ignorer, mais le jeune doit partir. Les bouddhistes pensent certes que “tout le monde a le sang rouge et les larmes salées”, mais l’homosexualité reste un tabou. »

« UNE CURIOSITÉ POUR L’OCCULTE »

Le poids de la tradition, Duong l’a beaucoup développé dans ses livres. Ce qui est particulièrement sensible ici, en revanche, c’est à quel point le roman est imprégné de mystère et d’invisible. Thanh n’est pas seulement tombé amoureux de Phu Vuong, il est sous son emprise. Et l’odieux Phu Vuong va le manipuler jusqu’à l’irréparable. Duong parle du destin qui distribue si injustement les cartes entre les naïfs et les roués, et des terreaux où le mal s’enracine. « Dans cette vie, on ne craint pas les voyous, car on connaît les raisons de leurs méfaits, écrit-elle dans Les Collines d’eucalyptus. On ne craint pas davantage les méchants, car ils devront payer un jour selon la loi bouddhique de la causalité. » Mais on ne se méfie pas assez de ceux qu’elle appelle « les “sans-vergogne”. » Or ce sont les plus dangereux. Car leur mentalité est incompréhensible et leurs actes, imprévisibles.

Comme d’autres personnages du livre – dont Hoang le Dément –, Phu Vuong est de ceux-là. « Il est né comme ça, dit-elle. De mère paresseuse et irresponsable, de père débauché et pervers. C’est le miroir dans lequel il se regarde. Il y a des taches noires sur son âme. Des taches qui grandissent avec lui comme une ombre. » Ce « karma lourd et malsain », Duong le décrit un peu comme Baudelaire ses monstrueuses chimères : agrafé à ses épaules, ses griffes plantées dans la chair et son poids aussi lourd qu’« un sac de farine ou de charbon ». Cela a l’air pour elle si réel, si « visuel », qu’on tente d’en savoir plus. « Oui, dit-elle, j’ai, avec les êtres, l’intuition du karma. Je vois des choses que les autres ne voient pas. Comment appelez-vous ça, en français, un sixième sens ? Souvent, je devine sans me tromper. » C’est la raison pour laquelle ses romans sont piquetés de détails subtils renvoyant à des univers « irrationnels ». Des mains, des visages qui parlent. Des âmes qui harcèlent les vivants « parce que quelque chose en elles est noué qui n’arrive pas à se dénouer ».

Cette « grande curiosité pour l’occulte » – elle raconte comment un vieux médium de Saïgon, fatigué, décrépi, lui a un jour dessiné l’exact cours de sa vie –, Duong s’en amuse. « Quand je pense que j’ai grandi dans le marxisme-léninisme et la haine de toute forme de superstition ! » Elle rit…

Elle rit comme un esprit libre qui ne s’interdit aucune source d’inspiration. « Au Vietnam, avant de devenir l’“ennemie du peuple”, j’ai été cinéaste. J’ai observé les autres s’aimer, s’insulter, se manipuler, se haïr, se tuer. J’adore les faits divers. » Elle fouille dans un placard et sort une pile de Détective. « Je lis régulièrement ce magazine. Je fais des comparaisons entre pays pauvres et développés. Je m’aperçois qu’on tue presque partout pour les mêmes raisons. »

Lesquelles ? Le lecteur le saura en la lisant. Il s’apercevra aussi que les chemins de l’universel peuvent passer en effet par l’irrationnel, par Bouddha et par Détective. Qu’ils vous révèlent des paysages inattendus et magnifiques. Et qu’en plus, ils embaument l’eucalyptus.

Vietnam: vélos et ballons pour la première gay pride à Hanoï

Sunday, August 26th, 2012

Nouvelobs

Des dizaines de vélos décorés de ballons et de drapeaux arc-en-ciel ont sillonné dimanche les rues de Hanoï à l’occasion de la première gay pride organisée au Vietnam.

La police n’a pas tenté d’empêcher ce défilé préparé par la petite mais grandissante communauté LGBT (Lesbiennes, gays, bi, trans), quelques jours après que le ministre de la Justice a déclaré qu’il était peut-être temps d’envisager une légalisation du mariage entre personnes du même sexe.

“On fait aujourd’hui beaucoup plus attention aux droits des homosexuels”, a déclaré à l’AFP Le Minh, 21 ans, en attachant un drapeau arc-en-ciel à son vélo.

“Il y eu des questions sur le mariage homosexuel lors de la récente session de l’Assemblée nationale. C’est vraiment bien pour la communauté”, a-t-elle ajouté.

Dans ce pays communiste où domine la morale confucéenne, qui insiste sur tradition et famille, l’homosexualité reste un tabou. Les gays sont communément caricaturés, dépeints comme des comiques ou des malades pouvant être soignés.

Mais fin juillet, le ministre de la Justice Ha Hung Cuong avait créé la surprise en envisageant de changer la loi pour permettre le mariage entre personnes du même sexe.

La législation interdit actuellement ces mariages, et en cas de changement, le Vietnam serait le premier pays en Asie à les autoriser.

“Il est temps de mettre fin à la discrimination contre les gens ayant une sexualité différente. Je suis hétérosexuel, mais ma cousine est lesbienne”, a commenté dimanche pendant la gay pride Kyle Tran, 19 ans, portant un bandeau rouge “J’aime les LBGT”.

Le parcours du défilé a dû être modifié sous la pression de la police, pour éviter des zones sensibles de la capitale où une manifestation anti-chinoise a été empêchée dimanche, selon des militants.

“Nous n’avons pas eu d’autorisation officielle, et si nous l’avions demandée, ça n’aurait pas été possible”, a expliqué à l’AFP Van Anh, participante de 51 ans.

“Mais nous avons le soutien de la société vietnamienne et beaucoup m’ont dit qu’ils voulaient y participer”, a-t-elle ajouté, espérant que la loi sur le mariage serait changée.

http://www.gayglobe.us

Au Vietnam, l’homosexualité se débarrasse lentement du tabou qui l’entoure

Monday, August 13th, 2012

Le Point

Le Vietnam communiste, où l’homosexualité a longtemps été vue comme un “fléau social”, réfléchit désormais à de nouvelles lois qui propulseraient le pays à la pointe des droits des homosexuels dans une Asie dominée par les valeurs traditionnelles et où la sodomie reste illégale dans plusieurs pays.

Signe le plus visible d’un tabou qui s’estompe, une centaine de vélos décorés de drapeaux arc-en-ciel ont sillonné dimanche les rues de Hanoï lors de la première gay pride vietnamienne, criant leur soutien au mariage homosexuel.

L’an prochain, les députés doivent amender la loi sur le mariage et la famille, et le ministre de la Justice a récemment indiqué qu’ils pourraient envisager d’y faire pour la première fois une place aux couples homosexuels.

Si selon les experts, l’Assemblée nationale ne devrait pas aller jusqu’à légaliser le mariage entre personnes du même sexe, elle pourrait autoriser une forme d’union civile, ou créer certaines protections légales pour les couples vivant ensemble ou voulant adopter des enfants.

“Aucun pays en Asie du sud-est, même la Thaïlande, n’a mis le mariage homosexuel au menu de discussions officielles, alors c’est une surprise pour beaucoup de gens”, commente le sociologue Le Quang Binh.

Régulièrement montré du doigt pour son bilan en matière de violations des droits de l’Homme, le régime à parti unique semble un défenseur improbable de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans).

Mais “le Vietnam est un cas à part”, note Binh. Contrairement à la Malaisie, l’Indonésie ou les Philippines, il n’y a pas de puissants groupes militant contre les droits des homosexuels pour des raisons religieuses, souligne-t-il.

Les homosexuels vietnamiens doivent malgré tout faire face à la pression sociale, explique Le Huong, 22 ans, qui n’a pas dit à sa famille qu’elle était lesbienne.

“Je me sens très coupable. Je ne me sens pas coupable parce que je suis tombée amoureuse d’une fille, mais je me sens coupable parce que je ne peux pas être honnête avec ma mère”, indique la jeune femme, dont le nom et celui de sa petite amie ont été changés.

L’homosexualité n’est pas illégale mais dans un pays où domine la morale confucéenne, qui insiste sur tradition et famille, elle a longtemps été tabou.

La petite amie de Huong, Nguyen Thi Hoa, n’a pas non plus fait son “coming out”, de peur que sa famille ne soit montrée du doigt par ses voisins et amis qui considèrent l’homosexualité comme une maladie.

Mais les deux femmes espèrent un amendement de la loi sur le mariage pour changer cette situation, et leur permettre d’adopter un enfant.

“Mis à part l’adoption d’un enfant, seul le mariage peut être une reconnaissance et une preuve d’amour. Quand j’aurai un acte de mariage (je pourrai) prouver qu’il n’y a rien de mal à mon amour”, insiste Hoa.

Signe d’un début de changement des mentalités dans certaines parties d’Asie du sud-est, Birmanie et Laos ont vu cette année aussi leur première gay pride. Et à Singapour, où les relations sexuelles entre hommes sont illégales mais la loi rarement appliquée, 15.000 personnes ont récemment manifesté pour la tolérance.

“La dynamique est similaire (à Singapour et au Vietnam). Les droits des homosexuels ne sont pas perçus comme une menace” pour le système politique, estime Phil Robertson, de Human Rights Watch.

Ces dernières années, la presse vietnamienne très contrôlée a ainsi pu évoquer les droits des homosexuels, et même couvrir plusieurs cérémonies symboliques de mariage gay.

Pour Binh, l’amendement de la loi est surtout envisagé comme une réponse pragmatique à l’augmentation du nombre de couples homosexuels vivant ensemble. Mais quelle que soit la motivation, le résultat sera positif, assure-t-il.

“Quand les gens acceptent la différence en matière d’orientation sexuelle, ça peut être plus facile pour eux d’accepter d’autres différences, comme la religion, les croyances, l’ethnicité”.

http://www.gayglobe.us

Débat sur la tuberculose, le paludisme et le sida

Thursday, September 29th, 2011

vnagency.com
La 8e conférence du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FMSTP) en Asie de l’Est-Pacifique s’est ouverte le 27 septembre à Hanoi. Elle réunit plus de 200 délégués de ce fonds basé à Genève, des organisations internationales, de 15 pays et territoires, ainsi que de trois organisations de la région d’Asie de l’Est-Pacifique bénéficiant du soutien de ce fonds.

La vice-ministre vietnamienne de la Santé, Nguyên Thi Xuyên, a hautement apprécié “la contribution active et efficace” du FMSTP pour soutenir les pays de la région, dont le Vietnam.

Depuis 2002, ce fonds s’est engagé à financer, à hauteur de 405 millions de dollars, sept phases de projets nationaux de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. À ce jour, outre son assistance technique, le FMSTP a accordé au Vietnam une aide financière totale de 164,8 millions de dollars.

Les résultats de ces projets ont grandement contribué à l’efficacité des programmes de prévention et de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme au Vietnam, a insisté Nguyên Thi Xuyên, avant de souligner que son pays a achevé avant terme nombre d’Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et qu’il pourra tous les atteindre d’ici 2015. Ces acquis du Vietnam ont été vivement appréciés par l’ONU ainsi que par d’autres organisations internationales…

Selon un rapport, si les projets nationaux de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme n’ont été, dans un premier temps, mis en œuvre que dans les 20 villes et provinces les plus touchées par le sida, ils ont été étendus à 31 villes et provinces en 2010, puis 50 en 2011.

Actuellement, ces projets impliquent la participation non seulement du secteur de la santé mais aussi de plusieurs autres.

Par ailleurs, le FMSTP a financé à hauteur de plus de 80 millions de dollars le programme national de prévention et de lutte contre la tuberculose en 2004, ce qui a permis de freiner la progression de cette maladie, ainsi que de sensibiliser la société aux mesures de prévention et de lutte.

Depuis 2005, le programme de prévention et de lutte contre le paludisme a bénéficié d’un financement de près de 46 millions de dollars du FMSTP.

Lors de cette conférence de trois jours, les participants partagent des expériences en vue de surmonter certaines difficultés dans la mise en œuvre de ces projets de lutte, et discutent de gestion des risques en matière financière…

Pour une meilleure insertion sociale des séropositifs

Sunday, August 7th, 2011

Le Courrier du Vietnam

Aider les malades du sida à trouver un emploi stable et adapté à leur situation avec une bonne rémunération relève tout à la fois de l’altruisme et de la nécessité. Il s’agit d’une des mesures susceptibles de freiner la propagation de cette maladie dangereuse. Or, actuellement, trouver un emploi adapté aux séropositifs et sidéens n’est pas tâche aisée.

“L’emploi joue un rôle important pour les séropositifs et sidéens, cela leur permet d’oublier un peu leur situation et de mieux s’insérer socialement…, ce qui malheureusement est le plus difficile pour ces personnes”, déclare le Docteur en droit et avocate Trinh Thi Lê Trâm, directrice du Centre de conseil juridique, de politiques sanitaires et en matière de sida de l’Association des avocats du Vietnam. Elle explique que l’un des principes du Parti et de l’État en matière de lutte contre le VIH/sida est de ne négliger ni les séropositifs et sidéens ni leur famille. “L’État a pris des politiques d’incitation à l’embauche de sidéens, ce qui figure explicitement dans la loi sur la lutte contre le VIH/sida de 2006″, ajoute-elle.

Mme Trâm insiste sur le fait que depuis 2007, son centre a reçu environ 8.000 appels téléphoniques, la plupart de séropositifs et sidéens sollicitant conseils et assistance juridique. Et lors de ces trois dernières années, le centre a accordé avec succès une assistance juridique à près de 2.000 personnes.
Elle ne peut oublier le cas de l’enseignante Anh qui a récemment reçu des conseils de son centre. “Anh a été une enseignante compétente de l’École maternelle VH durant dix ans. Lorsque la direction a appris qu’elle était sidéenne à cause de son époux, elle a demandé à Anh d’assumer le poste d’assistante de la directrice. Une fonction sans responsabilité, toute de menues tâches tells que vente de ticket de restaurant scolaire… Ne sachant comment faire pour se défendre seule, après les conseils d’amis, elle a contacté le centre pour se faire conseiller”, explique Mme Trâm.

Pénurie de fonds

Cette dernière ajoute quii “après avoir écouté l’histoire de Mme Anh, nous avons été dans son école pour travailler avec la direction. Suite à nos explications, cette dernière a accepté qu’Anh reprenne son poste d’enseignant.”

Pham Thi Hiên, chef du groupe intitulé “Pour un futur éclatant” de la province de Bac Ninh, à une trentaine de kilomètres au Nord de Hanoi, indique que la santé des séropositifs et sidéens ne leur permet pas d’assumer des postes de travail pénible ou pendant longtemps. Ces malades sont seulement en mesure de travailler chez eux. “C’est pourquoi ceux-ci cherchent en général un soutien financier pour acheter une machine à coudre, ou créer un élevage”, explique Hiên.

Elle ajoute que plusieurs sidéens sont dans une précarité extrême, telle Hoa par exemple, qui “n’est plus logée par sa famille depuis que sa maladie a été connue, ne trouve pas d’emploi tout en ayant à charge un jeune enfant”, souligne Hiên.

Les membres de ce groupe se sont donc cotisés pour financer l’achat d’une machine à coudre – quatre millions de dôngs – pour Hoa. Il a en outre cherché des clients pour ses produits. Certains représentants du groupe ont persuadé ses parents de l’accepter à nouveau et, désormais, “elle vit à nouveau avec ses parents en ayant des revenus stables”, conclue Hiên.

Grâce à ces contributions de ce groupe, quatre sidéens possèdent une machine à coudre. “Nous voulons créer un groupe de confection permettant à ses membres de partager leurs expériences comme de partager la manière de soigner leurs enfants. Actuellement, nous attendons les réponses de plusieurs entreprises dont nous avons sollicité leur soutien”, affirme la responsable de ce groupe.

La réalité sociale est celle d’immenses difficultés à vaincre des sidéens dans leur recherche d’un emploi. Peu d’entre eux bénéficient d’une assistance financière d’organisations internationales. Afin de mieux aider les séropositifs et sidéens, surtout en terme de création d’emploi, les services concernés devraient élaborer des programmes concrets.