L’Eglise presbytérienne américaine autorise le mariage homosexuel

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Le problème aujourd’hui vient d’une confusion dans la concordance à trouver entre une vision religieuse fausse de la sexualité, plus spécifiquement d’un type de cette sexualité, et des composantes de la personnalité, notamment la masculinité dans une société devenue fort machiste.

Actuellement, cette confusion réside dans la nécessité de revoir nos conceptions premières du sens de la virilité, de ses formes, et de celui de la féminité, ses spécificités, et ce en dehors de la fonction sexuelle des deux et sans avoir à inclure abusivement la religion dans des affaires qu’elle a été la première à libérer des liens des habitudes désuètes.

Si nous arrivons à reconnaître notre prochain tel qu’il est, dans son humanité ainsi qu’elle se décline en lui, l’acceptant dans la manifestation majeure de sa nature humaine, et y croyant effectivement, nous réussirons fatalement à dépasser ce que l’homosensualité(1) ou homosexualité suscite en nous d’appréhensions. Nous serons alors en mesure de réaliser un saut qualitatif en matière d’acceptation d’autrui, quels que soient ses penchants intimes, dans le total respect de son être, sa pensée et son comportement.

Si l’homosexualité n’est pas prohibée dans le Coran, elle l’est expressément par la Bible dans ses deux Testaments. En Occident judéo-chrétien, la morale s’est longtemps basée sur pareille interdiction, considérant l’homosexualité comme le plus vil vice, l’abomination la plus détestable.

Citons dans l’Ancien Testament : Lévitique 18: 22-28 — Lévitique 20: 13. Et, dans le Nouveau Testament : 1 Corinthiens 6 : 9-10 — Romains 1 : 25-32) — 1 Thimothée 1 : 8-10.

L’homosexualité dans le Coran

Contrairement à la Bible, les versets du Coran ne comportent pas de prescription expresse en matière d’homosexualité, car ils relèvent de l’ordre du récit; or, la différence est bien établie entre ce qui est descriptif et ce qui est normatif.

Bien évidemment, nous ne mettons pas en doute que les récits coraniques emportent sermon en vue de donner une leçon, d’avertir ou d’inciter à l’exemple; toutefois, nous pensons indubitable que le champ du prêche diffère selon les sociétés et leur éternelle évolution. En illustration, nous prendrons l’exemple de l’esclavage en général et plus particulièrement des êtres humains asservis par la possession en tant que propriété privée. Il est certain que le Coran est riche en exhortations en la matière, qui sont valables pour un temps où l’asservissement était indépassable. Or, voilà le temps qui évolue ! Doit-on donc délaisser ce qui concerne le sujet en leçons et exemples qui ont été bien utiles en un temps désormais révolu, ou continuerait-on de s’en prévaloir du seul fait de leur présence dans le Coran? Il en va de même pour ce que rapporte le Coran comme récit relatif aux gens de Loth.

Afin de confirmer la véracité de ce que nous avançons, reproduisons les références coraniques en la matière:

Les Hauteurs (Al ‘Araf)(7) 80-84 — Houd (11) 77-83 — Al Hijr (15) 57-77 — Les Prophètes (21) 74 — La Loi (Al Fourqan) (25) 40 — Les Poètes (26) 160-175 — Les Fourmis (27) 54-58 — L’Araignée (29) 28-35 — Ceux qui sont placés en rangs (Assafat) (37) 133-138 — La Lune (54) 33-39.

Telles sont les références de ceux qui soutiennent que l’homosexualité est interdite. D’aucuns y ajoutent d’autres versets traitant de la chasteté et de l’abstinence sexuelle, citant les suivants :

Les Croyants (23) 5-7 — Les degrés (Al Maarij) (70) 29-31.

Des exégètes soutiennent que Dieu entend tout type de rapport sexuel hors du cadre de mariage et des rapports autorisés à ses créatures. Ce faisant, ils ne réalisent pas qu’ils affaiblissent ainsi sans s’en rendre compte la force même de leur argumentation. Objectivement, il est tout à fait possible d’y trouver une autorisation implicite de l’homosexualité masculine ou féminine, et ce dans le cadre des rapports autorisés avec ceux qui nous appartiennent en tant qu’esclaves.(2) Ainsi est-il légitime de se demander si pareils rapports font partie de ce que Dieu a interdit.(3)

De fait, le seul verset qui comporterait, selon certains, une allusion expresse à l’homosexualité, est le suivant:

Les Femmes (4) 16 : “Si deux d’entre vous commettent une action infâme, sévissez contre eux, à moins qu’ils ne se repentent et ne se corrigent. — Dieu revient sans cesse vers le pécheur repentant; il est miséricordieux; –”

Il n’est pas sans intérêt de signaler ici le désaccord régnant chez les exégètes.(4) Mais limitons-nous au plus éminent glossateur du Coran, au plus grand renom, Tabari. Son interprétation du verset est bien arrêtée et sans la moindre ambiguïté: le verset ne concerne que les couples hétérosexuels.(5)

Si nous admettions à titre de supposition la validité de la thèse d’attribution de ce verset à l’homosexualité, il serait assurément une preuve évidente de tolérance de l’islam puisqu’il ne prévoit, pour tout châtiment, que des sévices légers, bien moins sévères que ce que les légistes ont habituellement prévu comme peine sanctionnant l’homosexualité. De plus, pareil mauvais traitement n’est autorisé qu’en l’absence de repentir!(6)

Signalons enfin que certains jurisconsultes ont interprété quelques versets à travers la vision d’ensemble de la question dominant dans la société. Ils y ont vu une allusion à l’homosexualité, faisant cadrer la compréhension verset avec leurs propres convictions. Contentons-nous ici du verset 19 de la sourate 24: La Lumière.

Il est évident que la turpitude évoquée ici a été assimilée à ce qui était connu et convenu par la société comme relevant des obscénités. Or, comme l’homosexualité était en ce temps rangée parmi les vilenies partout dans le monde, qu’il fût islamique, juif ou chrétien, il n’était pas surprenant d’avoir pareille liaison la faisant relever des turpitudes. Et c’est tout à fait logique du moment qu’on accepte le nécessaire progrès des mentalités avec l’évolution de la société.

Au vrai, la turpitude qu’on répand et que vise le verset cité ci-dessus n’est que le fait de semer des sentiments d’aversion et la culture de la haine dans les cœurs des gens.

À suivre
Notes

  1. C’est l’expression que je propose en lieu et place du mot habituel trop connoté sexe.

 

  1. Ce que pensent, par exemple, certains jurisconsultes de la tendance Ibadhite.

 

  1. À ce propos, on lit chez Ibn Hajar AlHaytami dans “La communauté est unanime sur le fait que celui qui pratique avec son esclave ce que faisait le peuple de Loth est considéré comme relevant des pédérastes criminels, débauchés et maudits. Sur lui donc une triple malédiction de Dieu ainsi que celle des anges et de l’ensemble des gens.” Il n’y a donc ni prescription ni peine ni accord sur une conception unique, mais juste de l’invective qui ne traduit que la répulsion de son auteur. Pareille répugnance, justifiée par l’acception de pareil acte d’après la mentalité de l’époque, n’en fait pas un péché.

 

  1. Voir, par exemple, la référence majeure qu’est l’exégèse d’Ibn Kathir, 1/463.

 

  1. On lit la même chose chez d’ailleurs dans les exégèses de Zamakhchari, Razi, Baydhaoui et Chaoukani. On trouve à peu près la même chose chez Kortobi.

 

  1. Voir, par exemple, l’exégèse de Zamakhchari.

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