Quelques méthodes ridicules (et dangereuses) pour soigner l’homosexualité

Slate.fr
L’attirance pour une personne du même sexe était encore considérée comme une maladie dangereuse au XIXe et au début du XXe siècle, rappelle le Huffington Post. Depuis des siècles qu’existe l’homophobie, il existe depuis aussi longtemps des soi-disant méthodes pour «guérir» certaines personnes de leurs «envies anormales», nous apprend le site américain qui en a dressé une liste non-exhaustive:

- Electrocution: c’est une des méthodes les plus anciennes pour le traitement de l’homosexualité et elle est encore pratiquée actuellement comme en témoigne Nathan Manske qui raconte l’expérience d’électrocution de Samuel Brinton dans le Huffington Post.

- Prostitution: le baron Albert von Schrenck-Notzing, un psychiatre allemand du XIXe siècle recommandait une virée dans une maison close, après une soirée bien arrosée pour en finir avec l’homosexualité. Il ne dit pas si ça marche aussi pour les lesbiennes…

- Hypnose: une méthode aussi bien connue, qu’on pratiquait surtout au XIXe siècle. Quand Schrenck-Notzing n’envoyait pas ses patients au bordel il les hypnotisait. Il rapporte en 1892 32 cas soignés par cette technique.

- Intervention chirurgicale sur le fœtus: plus radical ce procédé a été popularisé par Günther Dorner qui travaillait dans les années 50 pour l’institut d’Endocrinologie Expérimentale aux Etats-Unis. Selon lui, l’homosexualité est liée à une «sexualisation» du cerveau avant la naissance due à des perturbations endocrines. Il a fait l’hypothèse selon laquelle une rééquilibrage hormonal avant cette «sexualisation» pourrait empêcher la «maladie» d’apparaître.

- Le vélo: d’après le neurologue américain Graeme M. Hammond convaincu que l’homosexualité est une forme de fatigue nerveuse, faire du vélo apaiserait les nerfs et rétablirait l’hétérosexualité.

- Cocaïne, Strychnine et mutilation génitale: le médecin Denslow Lewis pensait au XIXe que la cocaine, ou des opérations chirurchigales sur le vagin afin d’enlever les parties adhérentes du clitoris constituaient des bons moyens de guérir les lesbiennes.

Médecins, psychiatres et psychologues non seulement s’accordent à dire, dans une résolution signée en 1997, que l’homosexualité n’est en aucune manière une tare, mais qu’il n’existe par ailleurs aucun traitement efficace permettant de réorienter les penchants sexuels d’une personne.

Néanmoins, il reste encore beaucoup d’organisations qui proposent des «thérapies réparatrices» pour convertir les gays à l’hétérosexualité. Ces méthodes ne sont pas justes inefficaces comme le montre l’exemple de John Smid, ancien directeur de Love in Action, un groupe chrétien de Californie qui aide les homosexuels à sortir de leur «déviance», elles sont aussi dangereuses.

Au début de l’année Marcus Bachmann, mari de Michele Bachmann, femme politique chouchoute du Tea Party, a été accusé de gérer une clinique proposant des thérapies de conversion révèle The Nation. Selon un article de Slate en juillet dernier, le couple croit en effet que l’homosexualité est «un mode de vie impie dont on peut être délivré».

Pour preuve, Michele Bachmann avait mis en avant il y quelque temps une de ses amies, Janet Boyne, qui se qualifie d’«ex-lesbienne», et qui se serait donc libérée de sa «maladie». Janet Boyne compare l’homosexualité à une dépendance à la drogue à l’origine de la vie dissolue qu’elle a vécu, et dit s’en être sorti par la prière. Pour l’instant l’histoire ne dit pas si elle a replongé…

Fin octobre, le quotidien australien le Brisbane Times rapportait ainsi qu’un groupe appelé Exodus Global Alliance offrait des «exorcismes» pour soigner l’homosexualité. Une vidéo sur YouTube postée en 2009 faisait scandale en montrant un garçon de 16 ans en pleine tentative d’exorcisme pour soigner son homosexualité. On entend les gens qui le soutiennent crier «Allez, démon de l’homosexualité! Toi esprit de l’homosexualité, nous te demandons de sortir sur le champ».

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Roger-Luc Chayer Journaliste et éditeur de Gay Globe TV et de la Revue Le Point
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