Dossier chiens

Nous vous proposons ce mois-ci de découvrir un peu plus l'identité de nos amis les canidés. En effet, un grand nombre de nos lecteurs possèdent ou aiment simplement les chiens mais quand on choisi un animal aussi sensible et émotif, de nombreux problèmes peuvent surgir. Nous parlerons donc du commerce, de la psychologie et de la vie de tous les jours du meilleur ami de l'homme! (sans compter son amant)

Le chien, un animal parfois anxieux

Pour éviter les troubles de comportement chez un animal, il faut au préalable comprendre sa psychologie. Ainsi, explique le docteur André DALLAIRE, le chien est un animal de meute et, à ce titre, il a besoin de suivre un chef. Normalement, le rôle du chef doit être joué par le maître du chien.

Le chien est donc un animal qui peut, et qui doit, être <<éduqué>>. Plusieurs troubles de comportement chez lui résultent justement de lacunes à ce chapitre. Or plusieurs propriétaires ne savent pas comment éduquer leur animal.

Par exemple, il arrive souvent qu'un chien détruise des objets ou qu'il aboie constamment lorsqu'il est laissé seul à la maison. Le Dr DALLAIRE y voit une manifestation d'anxiété. Etant un animal de meute, le chien supporte mal la solitude. Il va souvent s'attaquer aux derniers objets que son maître a touchés et qui sont encore imprégnés de son odeur. La maître devra apprendre graduellement à son chien à rester seul, d'abord pour de courtes périodes, puis pendant des intervalles de temps de plus en plus longs. L'animal finira par comprendre que les habitants de la maison finissent toujours par revenir.

Attention, chien méchant!

Pourquoi moi? se demande invariablement celui qui ne réussit jamais à passer à moins de 500 mètres d'un chien sans que celui-ci ne se précipite dans sa direction tous crocs sortis.

C'est que, explique André DALLAIRE, les personnes qui craignent les chiens adoptent presque toujours l'attitude qui est la plus susceptible de les provoquer. Celui qui a peur va en effet surveiller l'animal en ne le quittant pas des yeux. S'il a très peur, il regardera furtivement, du coin de l'oeil. Or ce sont là, pour un chien, des gestes de provocation. <<Regarder un chien dans les yeux c'est le défier. Le regarder de coté, c'est le défier encore plus! Contrairement à nous, les animaux sont très sensibles au langage corporel, que les humains ont laissé de coté avec le développement de la parole.>>

<<La meilleure tactique à adopter, c'est tout simplement d'ignorer le chien qui se précipite vers nous en aboyant et, surtout, de ne jamais le regarder dans les yeux. Et si le chien s'approche pour nous sentir, il faut le laisser faire: le rituel de la reconnaissance passe chez lui par l'odorat.>>

Malheureusement, le succès de cette approche ne peut être garanti à cent pour cent! Chez certaines bêtes, l'agressivité est mal contrôlée. Cela résulte parfois d'un défaut d'éducation, mais parfois aussi de la sélection des éleveurs qui ont privilégié des animaux trop agressifs comme les "Pitbulls". Pit (chien d'arènes) et Bull (qui combattaient les taureaux). (Source, article de Ronald PREGENT, printemps 1995)

Le commerce des chiens

On a vu récemment dans une publicité d'un magazine de notre communauté, qu'on offrait en tirage un berger allemand de trois mois. Quelle est la morale qui pousse les commercants à utiliser le chien comme un objet, sans se préoccuper des antécédents du gagnant face aux animaux? Pensons aussi à ces deux chenils qui laissaient les chiens, près de 300 au total, crever de faim et se nourrir des cadavre des autres chiens morts. Tout le monde savait à Laprairie et à Joliette que ces deux commerçants torturaient leurs animaux mais même la police ne pouvait rien faire faute de législation. Qu'on se rassure, la moribonde S.P.C.A. est finalement intervenue dans les deux cas et les animaux sont maintenant en adoption. Se retrouver avec un chien, c'est se retrouver avec une petite bête pleine d'émotions. Tout le monde devrait vivre avec un animal de compagnie, l'expérience est presque toujours positive mais pour nos amis les chiens, c'est un peu comme les humains, ils ne sont pas tous fait pour s'entendre avec nous.

Le vétérinaire, un intermédiaire neutre.

Avant de se rendre à un chenil d'adoption, chez un éleveur ou simplement chez son animalier, il faudrait impérativement parler à un vétérinaire. Lui seul peut conseiller le futur maître sur les aspects psychologiques qui feront qu'une race de chien conviendra mieux qu'une autre à son style de vie. Voici les divers aspects à considérer quand on songe à se procurer un chien: Est-ce que l'animal devra vivre en appartement ou en maison? est-ce qu'il aura accès à un terrain? Quels sont nos attentes face à l'animal, est-ce qu'on voudra un chien de compagnie ou de garde? Le docteur Jean-Marie BERGERON (284-4488) suggère aux acheteurs d'aller visiter un éleveur plutôt qu'une animalerie. L'éleveur aura toujours le souci de la qualité et son intérêt sera motivé par la pureté de la race plutôt que par l'aspect financier. Pour les personnes allergiques aux poils d'animaux, ils seront heureux d'apprendre que tous les chiens laineux tels que les Caniches ou les Airedales sont hypo-allergeniques. Enfin, il est faux de croire que les chiens croisés ou bâtards sont en meilleur santé ou plus intelligents; tout est dans la sélection individuelle. Plusieurs d'entre nous, moi y compris, ont tendance à croire que les vétérinaires tentent d'effrayer les propriétaires d'animaux avec des maladies comme le vers du coeur dans le but de faire payer une visite et des traitements coûteux. Certes, il ne faut pas être trop naïf toutefois, il faut savoir que ce ne sont pas tous les vétérinaires qui font payer une consultation avant traitement. Notre vétérinaire-conseil considère que seule la prise de sang en vue de la détection de la larve du vers du coeur devrait être facturée. Il en coûtera environ 26$ pour l'analyse du sang et entre 17 et 35$ pour le traitement médicamenteux.

Une association de défense et d'entraide.

Il existe à Montréal une association regroupant des propriétaires de chiens qui offre de nombreux services. L'association des propriétaires de chiens du parc Lafontaine et son Vice-président monsieur Michel LEFEBVRE (528-8787) n'est pas exclusivement réservée aux gens qui promènent leur chien au parc du même nom. Elle regroupe toutes les personnes qui ont en commun l'amour des chiens de ville. Elle milite principalement pour la création, par la ville de Montréal, d'enclos permettant la libre circulation des bêtes à l'abris des accidents. Il en coûte 10$ annuellement et la carte de membre donne droit aux avantages suivants: Bulletin d'informations gratuit aux deux mois, rabais de 10% sur la nourriture à l'animalerie Dauphin de la Place Dupuis (commerce ayant reçu la note de 9.5/10 pour la qualité de son service et de ses soins aux animaux) et l'accès à de nombreuses conférences et cours d'obéissance pour un tarif minime. L'association souhaite informer les lecteurs de RG que la ville de Montréal compte installer des enclos dans les parc là où il y aura une demande suffisante. Contactez donc immédiatement votre conseiller municipal et exigez un enclos dans un parc de votre quartier. N'oublions jamais que le chien aime son maître de façon inconditionnelle, il n'est jamais trop tard pour lui rendre toute cette affection en le traitant avec tendresse. Un chien élevé dans l'amour ne causera jamais de regrets à son ami humain.

Références: Revue Diplomés de l'Université de Montréal, Docteur Jean-Marie BERGERON.

R.L.C.