Miaouf, un long chemin qui mènera peut-être nulle part!


Déjà presque que 30 minutes de route, St-Simon est en vue, la Rive-Sud de Montréal est magnifique à ce temps-ci de l'année. Un long chemin de terre s'offre enfin à nous, Miaouf est au bout. Il n'y a pas que le chemin qui soit long et en mauvais état, le refuge aussi est en mauvaise posture devant la loi. Sous le coup d'une expropriation d'un juge animaphobe, Miaouf doit quitter son domaine actuel et a 60 jours pour se trouver une nouvelle adresse. Jusqu'à maintenant on a rien trouvé et Louise Gagnon, fondatrice et patronne du refuge, doit admettre que son niveau d'angoisse est à son maximum. Si elle n'arrive pas à trouver un nouveau site d'ici quelques jours, ses animaux pourraient être euthanasiés tout simplement. Et là, on parle de 300 chiens et de presque qu'autant de chats. Je connais personnellement Miaouf depuis plusieurs années pour y avoir trouvé un bon toutou pour mon voisin. Je n'ai jamais vu Louise Gagnon dans un tel état << mes bénévoles ne sont pas rentrés aujourd'hui, j'ai à nettoyer et à nourrir 300 chiens, répondre aux téléphones pour l'adoption et en plus, m'occuper presque seule de ceux qui viennent en personne pour se trouver un chien>> de nous raconter le souffle court cette missionnaire de la souffrance animale.

Miaouf n'est pas simplement un refuge pour les chiens abandonnés et battus, c'est une mission humanitaire qui se refuse d'euthanasier une vie sans qu'on lui donne une chance. Cette chance risque de ne jamais se présenter puisque les huissiers n'attendent que la fin du délai d'expropriation pour euthanasier les petits chiens et chats. Louise nous adressait un ultime appel sous forme d'une lettre à ceux qui aiment les animaux, les lecteurs de RG comprendront que c'est aussi votre humble journaliste qui vous demande de réagir, comme nous aimons tant le faire dans les situations de crise dans notre communauté. Voici l'essentiel de la lettre de Louise à tous ceux qui aiment les animaux:

Comme un grand chien qui ne comprend rien, enchaîné au bout d'un long chemin, Miaouf se meurt. Je les ai entendu, les cris de vrai joies de nos animaux... J'ai entendu ces silences étranges, entrecoupés de hurlements, qui sont comme des chansons qui les font se bercer eux-mêmes en l'absence de nos bras.

Au bout de ce chemin qui ressemble à un couloir situé entre le droit de vivre et celui de mourir, il est cet incorruptible petit Miaouf qui s'acharne à protéger les animaux abandonnés, les gros bêtas, les p'tits méchants, les si remplis de tendresse, les blessés dans leur coeur, dans leur identité, les ceux qui nous craignent maladivement et les ceux qui se meurent d'ennui de nous pendant que nous on court après ce qui devrait être l'amour et le bonheur.

Il y a aussi ces animaux si noblement eux-mêmes, qui, même dans un enclos fermé, même au bout d'une chaîne trop lourde, demeurent d'éternels intouchables. Ils ne nous veulent pas de mal... mais à celui qui veut les approcher sans prendre le temps de les comprendre, ils répondent souvent par l'agressivité... et c'est là que j'entend, de la bouche même de ceux qui aiment les animaux, "il faut les euthanasier, et garder notre dévouement pour les plus gentils".

L'agressivité est souvent la manifestation d'une magnifique énergie, trop contrainte, retenue captive, une énergie sans espace, qu'on ne parvient pas à dominer. Alors, de dépit, on élimine celui qui la véhicule... et on appelle cela un geste humanitaire, on dira <<on les envoie dans un monde meilleur>>. Alors qu'on est sur la terre pour cela, rendre le monde meilleur. Ce n'est pas dans l'au-delà que le monde sera meilleur, ce sera ici, ou nulle art.

ALORS IL FAUT S'Y METTRE MAINTENANT... Il faut d'abord cesser de reproduire massivement, de raffiner nous-mêmes les tragiques formes vivantes que sont les animaux domestiques, et de tuer ensuite ceux qui n'entrent pas dans les standards de nos attentes. C'est à cela que Miaouf s'oppose tout au bout de son long chemin, dans la boue et l'inconfort à St-Simon-de-Bagot.. et c'est pour cela que nous avons besoin de votre aide. Personne n'a prévu au Québec un endroit où les animaux imparfaits pourraient venir vivre leur vie d'orphelins.. Les pouvoirs et la volonté de ceux qui aiment sincèrement les animaux sont nécessaires à ce stade-ci. Moi, Louise Gagnon, ne suis que forte, comme les chevaux qui tirent péniblement de trop lourdes charges et, dans ma charrette, il y a ce "boat people" animal que je ne sais plus où déposer...


Louise Gagnon voit venir le moment où tous ses nobles animaux seront exécuté comme de vulgaires meurtriers, comme des criminels qui ne savent même pas quel crime ils ont commis autre que celui d'aimer aveuglément leur maître abandonneur.

Est-ce que la communauté gaie et lesbienne du Québec, qui connaît tant le rejet, la séparation, le deuil et l'incompréhension laissera se dérouler le triste destin des animaux de Miaouf? Nous pouvons tous contribuer un petit quelque chose, il n'est pas trop tard, il n'est jamais trop tard. Les animaux n'ont pas droit à l'aide sociale, ni à l'assurance-emploi, ni aux soins de santé, ni aux fondations d'aide, ni à l'aide juridique, en fait, ils n'ont droit à rien d'autre qu'à la bonne volonté de ceux qui les aiment.


ALAIN EN ENCADRÉ STP...

Miaouf a besoin d'une terre:

- Loin des voisins

- Facile d'accès

- Le plus proche possible d'une route achalandée

- Comportant de multiples et solides bâtiments

- Une maison

- Un point d'eau

- De vastes espaces verts, un boisé si possible

On recherche aussi des mécènes:

Écrivez aux gens riches, célèbres, influents, pour les sensibiliser à la cause de Miaouf. Miaouf a aussi besoin de contributions financières 5$, 10$, 20$, 50$, 100$. Enfin Miaouf cherche des bénévoles qui voudront bien donner quelques heures par semaine pour aider Louise à nourrir les animaux, à nettoyer les enclos et à vivre une expérience profonde d'amour des petites bêtes si seules. Moi, j'ai donné 20$, comme je le fais 3 fois par an, parce que je crois en Louise Gagnon, à son oeuvre et que j'ai peur qu'elle perde ses protégés et peut-être qu'elle se perde elle-même ultimement, de tristesse.

Miaouf, Louise Gagnon

205, 2ème rang est

St-Simon-de-Bagot, J0H 1Y0

Téléphone: 446-5314