Le G.S.P.H.-1, sirop contre le SIDA

A quand la vérité?

(RG poursuit ici son enquête débutée en 1992)

En 1992, une équipe de chercheurs dirigée par le docteur MORISSET de l'Hôtel-Dieu de Montréal annonçait en grandes pompes les résultats très préliminaires d'une recherche portant sur l'invention de monsieur Guy POIRIER, le G.S.P.H.-1. Les médias ont vite fait de diffuser la nouvelle de par le monde donnant ainsi une certaine crédibilité à l'équipe de chercheurs québécois. A l'époque, les porte-parole des chercheurs disaient détenir des résultats significatifs quant à la réaction du système immunitaire face au G.S.P.H-1. On nous annonçait une phase II (phase de recherche portant sur un nombre plus important de cobayes) dans les mois à venir et le dossier s'annonçait très prometteur.

Bla-bla-bla!

En juillet 1995, peu avant le Congrès International de chimiothérapie de Montréal, les chercheurs promettaient à RG l'annonce d'une nouvelle de première importance qui allait confirmer les prétentions de l'inventeur du produit monsieur POIRIER. En effet, le 28 juillet en plein congrès, devant une presse impatiente, le pharmacologue membre de l'équipe de recherche de l'Hôtel-Dieu, monsieur Mohammed BEN AMAR, annonçait officiellement les résultats de la phase I et la tendance après deux années et demie de traitement: <<...Sur dix patients traités au G.S.P.H.-1, 5 allaient très bien et avaient une nette amélioration de leur cellules T-4, 3 étaient stables et n'avaient pas développés de maladies opportunistes et deux étaient décédés. Le groupe témoin traité à l'AZT avait deux fois plus de décès à signaler.>>

A cette même conférence de presse les chercheurs annonçaient que la phase II commencerait dans les semaines suivantes et ce, malgré quelques problèmes d'ordre administratif.

Le 20 septembre dernier, devant l'impatience de certains malades inscrits à la phase II et voulant faire un suivi du dossier, RG contactait le pharmacologue BEN AMAR, détenteur d'une maîtrise en pharmacologie sans être médecin, pour lui demander des nouvelles de la recherche et surtout, la date du début de celle-ci. Monsieur BEN AMAR nous expliquait en entrevue qu'il y avait toujours des blocages et que les fonds n'étaient pas encore débloqués par Ottawa (une somme d'environ 3,000,000$). Ce que monsieur BEN AMAR ne savait pas, c'est que RG entretenait des liens très étroits avec un des malades et que celui-ci se faisait un devoir de nous relater ses conversations avec BEN AMAR, qui disait complètement l'inverse pendant ses consultations. En plus de ne jamais parler des problèmes d'argent que rencontrait l'équipe, monsieur BEN AMAR aurait même dit à notre malade qu'il serait admis dans l'étude malgré certains critères non conformes notamment sur son nombre de T-4, ce qui serait tout à fait illégal d'après Santé Bien-être Canada. Selon BEN AMAR, tout allait très bien dans l'étude et à chaque conversation qu'il avait avec notre malade, ce n'était qu'une question de quelques semaines avant de débuter la recherche.

ON CACHE LA VERITE

Il apparaît de plus en plus dans cette histoire que ce que recherche véritablement l'équipe de chercheurs dans l'affaire du G.S.P.H.-1, c'est une couverture médiatique importante, aux dépends des malades, comme si on voulait s'assurer d'un prix Nobel le temps venu. Quand ils convoquent des conférences de presse, les médias leur accordent la priorité et finalement c'est toujours pour entendre la même chose: <<On va commencer dans quelques semaines>>.

Jusqu'à maintenant, les chercheurs du G.S.P.H.-1 ont bénéficier d'une trêve de la part des médias mais il est maintenant plus que temps de livrer la marchandise. Peut-être qu'à l'Hôtel-Dieu on pense que les journalistes sont là uniquement pour transmettre leurs nouvelles mais c'est sans compter la présence de RG qui va un peu plus loin et demande des comptes. A QUAND LE G.S.P.H.-1 POUR LES MALADES DU SIDA?

Il y a quelques semaines, notre informateur, atteint lui-même d'une pneumonie, songeait à organiser une grande manif, devant l'Hôtel-Dieu et les médias pour remettre les scientifiques à leur place et leur rappeler qu'il était plus que temps de livrer le sirop, surtout après l'avoir tant annoncé. Malheureusement, lui qui croyait trouver la guérison dans ce produit aura été emporté par la maladie alors qu'il était hospitalisé justement à l'Hôtel-Dieu sous les soins du Dr Morisset.

Le G.S.P.H.-1 à titre humanitaire?

Tout au long de cette enquête, on s'est souvent posé la question à savoir la raison pour laquelle on refusait de donner le sirop à titre humanitaire aux malades susceptibles d'en trouver un bénéfice? La seule raison logique que l'on puisse trouver est la valeur financière d'une telle découverte. Or, il semble que les chercheurs se préoccupent davantage des retombées financières que du bien-être des malades, ce qui demande évidemment plus de temps car il ne faut pas se faire voler la recette.

D'après certains groupes communautaires oeuvrant dans le domaine du SIDA, il serait plus que temps d'organiser une manifestation monstre au nez de l'équipe de chercheurs pour leur montrer l'urgence de la situation. Qui l'organisera? Quand aura t-elle lieu? Soyez assuré que RG sera là pour couvrir et appuyer fermement un tel rassemblement car après tout, notre ami malade avait accepté de se taire devant les belles promesses des chercheurs. S'il avait su que sont sort avait déjà été décidé!...

R.L.C.