L'O.S.M.

Combien de fois par année est-ce qu'on entend parler de l'Orchestre symphonique de Montréal et ce, en mal je vous l'demande? C'est évidemment facile quand on examine rien qu'un peu les statistiques que nous offre un des meilleurs orchestres du monde. Saviez-vous que le nombre de musiciens d'origine québécoise est très minoritaire au sein de cette formation unique? En effet, contrairement aux orchestres européens qui imposent des quotas d'étrangers dans leurs orchestres, nous à Montréal on accepte tout le monde de l'extérieur même en sachant que le taux de chômage chez les musiciens professionnels du Québec est de 80%!!! Pourquoi le Ministère de la Culture, en versant sa subvention de 15 millions par année n'impose pas quelques conditions aussi simplistes que d'engager des musiciens surnuméraires québécois. Lorsqu'un musicien de l'orchestre tombe malade, pourquoi ne pas embaucher un des nôtres au lieu de faire venir du Texas toutes dépenses payées un remplacant de même niveau? En Europe, les chefs d'orchestres doivent offrir un certain nombre d'heures de cours aux chefs locaux mais ici, à Montréal, monsieur Dutoit n'a jamais accepté d'offrir ne serait-ce qu'une seule consultation à un jeune chef québécois et cela, peu importent les raisons. L'argent de nos taxes est pourtant assez bon pour payer le déficit de l'orchestre pourquoi nos meilleurs musiciens de conservatoires ou d'universités ne seraient pas invités à jouer avec l'O.S.M. deux fois par année pour un vrai salaire, comme le font encore une fois nos collègues européens? Bien des questions qui méritent des réponses urgentes car la fuite de nos talents vers d'autres cieux n'est pas nouvelle. Pensons au corniste Bouchard de l'Orchestre du Luxembourg, à la violoniste Tremblay de l'Orchestre de Nice, au violoniste Michaud du Mans et à la harpiste Michaud de Vienne... Nos institutions musicales forment la crème des musiciens du monde, quand pourrons-nous y goûter?

R.L.C.