Roger-Luc CHAYER

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Montréal, Québec, H1X 3B7


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Montréal, le 18 avril 1997


Monsieur Alain BOUCHARD

Editeur

SUJET: Courrier des lecteurs


Alain, j'aimerais répondre au texte de Christian Bédard dans le dernier RG à titre de lecteur préoccupé.


En réaction au texte de Monsieur Christian Bédard "Devant l'absence de légitimité: La démocratie communautaire est-elle un mythe?" j'aimerais moi aussi apporter quelques précisions aux questions de l'auteur. Bien que je sois parfaitement en accord avec la finalité du texte, un peu idéalisto-irréaliste quand même, je souhaite tempérer le grand ramassi qu'a fait Monsieur Bédard de notre communauté.

Il voudrait que tous les gais du Québec soient unis autour d'une même revendication, que "l'on travaille solidairement à l'avancement de la communauté" mais d'où vient cette grande conception que si on est gais, on doit tous être aveugles? Ce n'est pas parce que l'orientation sexuelle nous unit qu'on doit être en parfait accord avec tout ce qui se fait chez les gais et surtout dans nos organismes communautaires. Monsieur Bédard nous parle des non élus qui dirigent sans légitimité et vient mêler à ça les journalistes. Contrairement à ce qu'il croit, les journalistes sont unis par un guide de déontologie (FPJQ) qui leur dicte leur façon de travailler. Est-ce qu'on peut en dire autant de nos leaders (auto proclamés) de la communauté? Tout le monde sait qu'ils sont loin d'appliquer un code de déontologie et qu'en plus, il n'existe même pas de lois pour encadrer le travail de gestion de ces organismes.

Enfin, tant qu'à demander à tout le monde de se faire élire, pourquoi ne pas demander à ceux qui signent les chèques de subvention du gouvernement de se faire élire eux-aussi, on verrait peut-être des dépenses plus raisonnables si ces derniers avaient des comptes à rendre à leurs électeurs, nous?

Non, dans l'état actuel des choses et ce n'est pas demain la veille que ça va changer, c'est historique chez nous, il n'y a pratiquement que la presse professionnelle qui puisse questionner nos leaders et leur demander des comptes. Le journaliste dans l'exercice de ses fonctions n'entre pas en conflit avec son sujet ni ne créé la nouvelle. Il la cherche, l'analyse et en parle publiquement, ce qui dérange considérablement plus que de devoir rendre des comptes à des petits conseils d'administration qui ne se vanteront pas publiquement de leurs déboires. La presse libre et professionnelle reste le seul moyens de faire connaître aux gais la véritable situation socio-économique de nos organismes communautaires!

Ces organismes, comme leur financement, nous appartiennent. Laissez à la population, par l'entremise de ses journalistes sérieux, le soin d'en vérifier la bonne gestion.




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Roger-Luc CHAYER