Le Centre Communautaire des Gais et Lesbiennes de Montréal:

Un regroupement communautaire ou un parti politique?

Quelles sont les limites d'une gestion financière?

Allégations, enquêtes, irrégularités, etc, la communauté demande la vérité!

À quand toute la vérité?

Les gais et lesbiennes demandent toute la vérité.


En mars dernier, les administrateurs du CCGLM invitaient le Magazine RG à examiner les livres comptables et ce, en toute transparence. C'est d'ailleurs une demande de plus en plus fréquente de la population gaie et lesbienne auprès des organismes qui disent la représenter. Comme nous n'avions aucune plainte au sujet du centre, il ne nous apparaissait pas particulièrement urgent d'accepter l'invitation. Jusqu'au jour ou un ex-employé démissionnaire du projet Dire la Violence (administré par le CCGLM) portait plainte auprès du Ministère de la Sécurité du revenu du Québec, de l'Assurance-emploi et de la police de la C.U.M. pour "détournements de fonds, fausses factures, fraudes" et j'en passe...

RG a donc décidé d'accepter la dernière invitation datant de septembre du nouveau directeur du Centre, Monsieur Claude St-Pierre. Nous avons donc examiné méticuleusement les livres comptables allant d'avril 1995 à mars 1996. On nous a même offert des photocopies pour étude ultérieure. À la lecture de ces documents et sur la base des informations recueillies par notre journaliste auprès du plaignant Frégeau, une série d'irrégularités ont été constatées et des rencontres de discussion ont été tenues entre la rédaction de RG et le directeur St-Pierre. Dès le début, St-Pierre a vite fait de confirmer l'existence d'irrégularités. Sous prétexte de devoir gérer une entreprise communautaire avec trop peu de fonds, le directeur du CCGLM nous expliquait qu'il était d'usage dans le milieu de passer quelques fois outre les lois afin de boucler les fins de mois:<<... Nous ne sommes pas différents des autres organismes du même type...>> disait-il. Le stratagème consistait, dans le cas des bénéficiaires de l'Assurance-emploi, à émettre une avis de cessation d'emploi pour que l'employé reçoive du chômage. Au moment ou ce dernier commençait à recevoir son chèque correspondant à 57% de son salaire, le centre lui versait la différence de son salaire en dessous de la table et l'employé continuait son travail. Comme il n'était pas disponible à l'emploi (loi sur l'Assurance-emploi) on pourrait présumer qu'il était en infraction. L'employé ne payait pas d'impôt sur un revenu non déclaré et le CCGLM gardait son employé qui ne lui coûtait plus que 43% du salaire. Le principe était pratiquement le même pour les assistés sociaux. Dès la seconde rencontre, RG donc mettait en demeure verbalement le Centre, par l'entremise de son directeur, de corriger dans les 3 mois la série d'irrégularités constatées et admises afin de rétablir un climat de confiance vis-à-vis l'institution. St-Pierre acceptait de bon gré nos conditions.

À peine une semaine plus tard, le Ministre de la Métropole Serge Ménard coupait plus de 75% du budget du projet Dire enfin la Violence en attendant les résultats des enquêtes, le Centre communautaire lui, décrétait le blocus total envers RG. Est-ce que nous en savions trop?

Les faits

Les livres du CCGLM démontrent une série d'irrégularités qui, à ce jour, sont toujours inexpliquées. On a parlé plus tôt des assistés sociaux et des chômeurs employés du Centre qui recevaient des salaires supplémentaires, à même l'argent du projet Dire la Violence. Est-ce que le centre à déclaré ces salaires aux gouvernements? NON! Est-ce que les bénéficiaires ont déclaré ces revenus additionnels au B.S. ou au Chômage? NON. On qualifie dans les livres de "soutien administratif" ce qui est en réalité du travail au noir. Comme les chômeurs et les assistés sociaux auraient vu leurs chèques réduits en fonction de cet apport, personne n'avait intérêt à ce que ça se sache d'où les plaintes de Monsieur Frégeau. Non seulement les allégations de Frégeau étaient fondées dans les faits mais celui-ci ne mentionnait que la pointe de l'iceberg.

Un autre cas intéressant est celui de cet ordinateur qui aurait été vendu par Monsieur Stéphane Ruel, incidemment le conjoint de l'époque du Président du CCGLM Le Clerc, pour une somme de 3000$. Questionné sur ce qui serait un prix grossièrement gonflé pour un appareil de type IBM, le directeur St-Pierre admettait avoir payé en réalité seulement 1000$. À ce jour, aucune explication n'a été offerte quant à la destination du 2000$ restant. Favoritisme? Fausse facture? Détournement? Une chose est certaine, est-ce qu'une personne sensée accepterait de payer 3000$ pour un ordinateur et une imprimante usagés de marque IBM?

Des frais à gogo!?!

Les sommes versées à titre de salaire à des assistés sociaux ou à des bénéficiaires de l'Assurance-emploi (fraudeurs au sens de la loi si ils ne le déclarent pas) totalisent près de 14 000$ pour la dernière année fiscale ce qui n'est pas une mince affaire. Nous retrouvons entres autres, dans la liste des bénéficiaires, le nom de la compagnie Cintaxe. Curieux, nous demandions au directeur St-Pierre de nous dire de quel genre de travail s'occupait cette compagnie pour qu'elle emette des factures totalisant 2800$ en 3 mois. D'après St-Pierre, il s'agissait en fait d'une entreprise appartenant au frère de l'ex-directeur du Centre, Monsieur Denis Laporte, et qu'il s'agissait de travail de bureau. Comme nous avons l'habitude de vérifier toutes les informations qu'on veut bien nous donner, nous décidions quelques jours plus tard de communiquer avec cette compagnie. Quelle ne fut pas notre surprise que d'entendre à l'autre bout du fil la voix de Monsieur Michael Hendrix, administrateur du projet Dire la Violence et Porte-parole de la table de concertation des gais et lesbiennes (eux aussi administrés par le CCGLM). Afin d'en avoir le coeur net, RG a recueilli de l'Inspecteur général des institutions financières du Québec la fiche descriptive de la compagnie Cintaxe et en effet, cette compagnie est bel et bien enregistrée au seul nom de Monsieur Hendrix.

Tel est prit qui croyait prendre!

Dans son édition du 10 octobre, un petit journal gai de Montréal publiait un éditorial (en anglais of course) signé de la main de Monsieur Michael Hendrix dans lequel ce dernier niait toutes les alléguations et assurait la population que personne n'avait, de toute façon, bénéficié personnellement de sommes d'argent:<<... That no one had pocketed a cent. That we were shoked and humiliated that gossip about charges made by this ex-employee was beleived while no one even bothered asking us for the facts...>> Monsieur Hendrix a la mémoire courte car il a lui-même facturé au nom de sa compagnie plus de 2800$ en trois mois pour des services obscurs et qui plus est, il a toujours refusé de répondre à nos questions. Et que dire de l'ordinateur et des milliers d'autres dollars inexpliqués? Enfin, cette compagnie étant déclarée inactive depuis janvier 1995, toutes les factures étaient irrégulières et probablement aucun impôt n'a été payé sur ces sommes:<<... La compagnie Cintaxe est en infraction avec les lois sur l'impôt, avec celles des institutions financières du moins et n'a pas le droit d'émètre des factures...>> de nous confirmer l'Inspecteur général des institutions financières. On pourrait se demander enfin si Monsieur Hendrix ne se serait pas placé en conflit d'intérêt en se payant des sommes d'argent alors qu'il clame publiquement être administrateur bénévole du projet dire enfin la violence et de la table de concertation?

Un fonds multi-service qui devient multi-usage!

Dans les états financiers du Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal de la dernière année, on peut y lire:<<... Le fonds de réserve spécial a été créé en juin 1995 lorsque l'assemblée générale annuelle avait donné le mandat aux membres du conseil d'administration de réaliser une campagne de levée de fonds pour la réalisation d'un Centre Multi Service (...) Les sommes amassées dans le cadre de ce projet ne peuvent être utilisées pour d'autres fins.>> Or, il appert aux livres que les sommes amassées auraient été utilisées par le CCGLM pour payer des salaires ce qui a été confirmé par le directeur St-Pierre. Il resterait actuellement moins de la moitié de ce qui a été amassé et on nous promet de rembourser ces sommes d'ici les fêtes. Ce qui inquiète dans cette dernière découverte c'est que la garantie donnée dans les états financiers est fausse et que toute la crédibilité du Centre est remise en question. Comment faire confiance à un organisme qui prêche d'un coté la bonne gestion et qui, de l'autre, se sert de fonds qui lui sont confiés pour un projet précis à des fins NON AUTORISEES par les donnateurs?

Le dernier mot à la population.

RG a certes constaté des irrégularités qu'il faudra bien un jour expliquer. Des milliers de gais et lesbiennes s'inquiètent des alléguations de Frégeau et des faits découverts par RG. Est-ce que le président du CCGLM, Monsieur Roger LeClerc, aura le courage d'affronter les gens qu'il dit représenter et d'expliquer ce qui semble être une histoire de mauvaise gestion? Est-ce que le Centre aura le même courage de nous dire la vérité et de corriger les choses qu'il n'en a de revendiquer de l'argent auprès des gouvernements en prétendant être un exemple à suivre? En attendant, la population gaie s'impatiente et exige la vérité de ceux qui la représente.

R.L.C.