EMILE HENRY@

UNE IMAGE VAUT MILLE MOTS


Ceux qui connaissent l'histoire récente de la France seront surpris par


le nom de ce photographe qui rappele une bien sombre époque alors


que le dénommé Emile HENRY, anarchiste de son métier, avait fait


exploser une bombe en plein coeur d'un café de la capitale française.


Même si l'objet de ma chronique de ce mois-ci est plus pacifique il


n'est reste pas moins qu'Emile HENRY, version québécoise, dérange à


sa façon et fait exploser les frontières de la photo contemporaine.


Né en 1953, Emile a l'oeil raffiné dès sa plus tendre enfance et c'est à


l'âge de 10 ans, lors d'un voyage aux chutes du Niagara qu'il


expérimente ses premières prises. Au fil des ans, il approfondi de plus


en plus les différents styles de l'art photographique mais c'est


seulement à l'âge de 28 ans qu'il décide de se consacrer


professionnellement à sa passion.


Emile n'aime pas qu'on le qualifie de "professionnel" à cause de la


définition du mot qui implique une activité plutôt orientée vers la


vente et le commerce d'oeuvres. Contrairement à la tendance, Emile


photographie tout ce qu'il aperçoit, tout ce qu'il affectionne pour


ensuite en faire une sélection sur planche contact et choisir les


futurs "réussites".


Mais qu'est-ce qui se passe dans la tête, dans l'oeil d'un photographe


qui fait d'un simple décor, une image de rêve? L'amour? Surement car


Emile HENRY aime l'amour et il le prouve chaque jour que ce soit dans


son métier ou dans sa vie de couple :<< ...Je suis encore plus en amour


aujourd'hui qu'au début et ce n'est surement pas parce que je n'y fais


rien...L'amour est une émotion qu'il faut entretenir et qui peut aller


bien loin si on y croit...>>


Le monde d'Emile HENRY, malgré les apparences, n'est pas


uniformément rose et lorsqu'on parle de lutte des classes, le


photographe devient plus rigide et sévère envers une société qui


accepte l'injustice. Que ce soit dans la répartition des richesses


collectives, personnelles, dans les relations de travail ou simplement


entre les gens sur la rue, le monde vit une ère difficile, une ère


d'individualité.


Chacun tente de tirer son épingle du jeu au détriment des plus faibles.


Emile HENRY exprime des idées qui choquent et qui coïncident avec sa


"vision" de la vie en général.Lors de l'entrevue, j'ai eu le plaisir de


découvrir un monde insoupçonné de la photographie et j'en suis resté


fortement impressionné ne serais-ce que par les grandes qualités


personnelles de Monsieur Emile HENRY, photographe. (514) 376-5721


Roger-Luc CHAYER, 16 mars 1993