L’ÉVOLUTION DES CONDOMS

Roger-Luc Chayer

Nous sommes, en 2017, à des années-lumière des premiers modèles de condoms fabriqués, ou plutôt improvisés, avec des intestins d’animaux de ferme ou des premiers condoms en caoutchouc, aussi épais que des gants de vaisselle. La technologie s’est emparée des condoms et ils évoluent si vite qu’il devenait important d’en reparler de façon exhaustive dans cette édition.

Mais d’abord, on se questionne souvent sur la fiabilité des condoms, sur leur résistance et surtout sur les tests effectués avant leur mise en marché. En la matière, tous les pays diffèrent sur le type de test et les niveaux de fiabilité recherchés, mais au Canada, il y a  des normes de contrôle très sévères sur le produit, avant et pendant sa commercialisation. Selon Santé Canada: «Les condoms sont considérés comme des instruments médicaux et sont donc réglementés par Santé Canada. La réglementation précise les conditions que les fabricants et les importateurs doivent respecter. Les  condoms en latex sont soumis à des normes rigoureuses concernant les tests de résistance et d’étanchéité. Les condoms faits d’autres matières doivent être évalués avant d’être vendus afin de déterminer leur efficacité contre la maladie et le sperme.» C’est pour ces raisons qu’il faut absolument éviter d’acheter des condoms en ligne qui pourraient venir de l’étranger et qui ne respecteraient pas les normes canadiennes.

Il existe essentiellement 3 grandes familles de condoms au Canada. Les plus populaires en latex, ceux en polymères synthétiques et ceux en membrane naturelle. Les condoms en latex comme ceux en polymères ont l’avantage de pouvoir à la fois être très résistants et minces, ce qui rend leur usage plus agréable. Dans le cas du latex, les réactions allergiques sont très fréquentes, ce qui n’arrive pas avec les polymères. L’autre avantage du condom en polymères est qu’il peut être utilisé avec n’importe quelle sorte de lubrifiant, il n’en sera pas affecté alors qu’avec le latex, seuls les lubrifiants à base d’eau ou de silicone peuvent être utilisés. Les autres huiles naturelles ou minérales peuvent dissoudre le condom et littéralement le faire fondre en quelques secondes, ceci pouvant mener à des grossesses non désirées ou à l’acquisition d’ITS ou du VIH.

Les condoms en membrane naturelle sont fabriqués à partir de la paroi intestinale du mouton. Comme ils sont pourvus de minuscules pores, ils sont efficaces contre la grossesse et contre certaines maladies sexuellement transmissibles, mais inefficaces contre le VIH et d’autres maladies virales comme les hépatites. Il en existe de toutes les couleurs, formats, aromatisés et même mangeables comme dessert!!!

Les lubrifiants font toute la différence avec le condom tant au niveau de sa résistance que pour l’augmentation du plaisir. Le lubrifiant le plus utilisé et efficace dans la communauté gaie est celui à base de silicone qui ne sèche pas et n’est pas absorbé par la peau. Un peu plus cher certes mais beaucoup plus agréable…

Enfin, un manufacturier connu propose depuis quelques mois un tout nouveau condom lubrifié d’un agent microbicide qu’on prétend éliminer le VIH, les virus en général et toutes les maladies bactériennes sexuellement transmissibles. Bien que ces prétentions n’aient pas fait l’objet d’études approfondies, le produit est intéressant. La prudence reste quand même conseillée…